Me voilà repartie pour Papaïchton avec Camille et Marco : départ jeudi 26 février à 11h30 de Rochambeau pour regagner Maripasoula dans le luxueux avion de 19 places de la compagnie Air Guyane express (j’aime assez le express).

45 minutes de vol, transport en taxi jusqu’à la pirogue et 1 heure de pirogue avant destination finale.

Un trajet pluvieux sur une pirogue non équipée de bâches. Il a donc fallu que je me débrouille tant bien que mal avec mon parapluie en restant bien dans le sens du vent. Ceci dit nous avions tous les fesses trempées en arrivant.
Arrivée à Papaïchton, pirogues et bateaux-orpaillage

Il faut comme d’habitude remonter les vivres à l’autre bout du village, un gamin nous accompagne pour récupérer la brouette gracieusement prêtée.

Repérage des lieux pour les invités. Visite du collège où l’on croise la route d’un gros, très gros insecte.

Puis la désormais traditionnelle visite chez le chinois pour acheter deux trois bricoles (dont la Parbo, bière du Suriname). La technique du frappé de bidon, les pieds dans la vase pleine de gasoil, a bien fonctionné puisque la pirogue chinoise est venue nous chercher tout de suite. Le chinois dispose aujourd’hui d’un gardien armé d’un fusil à l’entrée du magasin en cas de vol.
Retour à la maison, pâté au foie gras et champagne rosé, avec un peu de vin pour accompagner la salade et le camembert.

Vendredi, visite du village 


et préparatifs pour aller aux abattis Cottica, sur l’île de “grand chiton” (grand caillou en allocou).
L’attente (on passe beaucoup de temps à attendre quand même)

Départ à 13 heures avec Roger qui nous y mène.

Arrêt à Loca, le village le plus proche de Papaïchton, où j’ai été priée avec Camille de rester attendre dans la pirogue sous la pluie, pendant que les deux hommes allaient boire un pastis chez la soeur du piroguier, parti soi-disant chercher du couac (manioc râpé et frit). Super-sympa…

Arrivée sur l’île.

Petite visite en aval chez d’autres potes du piroguier qui en a profité pour ramasser des piments pour le restaurant de sa soeur pendant 20 minutes. Il nous a fait traverser l’île et fait poireauter. Pendant que monsieur causait en allocou avec ses potes, nos regardions autour de nous, souriions bêtement aux habitants, essayions de nous occuper tant bien que mal. On ne comprenait strictement rien, aucune traduction, pas de proposition pour s’asseoir. Bref, on était très à l’aise…

Ceci dit la visite a quand même été marquante : île-décharge, avec 30 gamins, 1 bébé singe dans un mini-hamac, une tortue gardée vivante en attente d’être mangée, peut-être du singe dans le congélateur, des hommes et des femmes qui squattent le hamac, et ça picole de la bière et du rhum, et des gamins qui se baignent dans l’eau très propre du fleuve, au milieu des détritus. Quelques plantations de courges et de piment par ci par là, des habitations très sommaires.

Nous retournons sur notre île : mission installation des hamacs et moustiquaires : pas une simple affaire.


C’est à ce moment que notre piroguier commence à picoler sa bouteille de pastis à 4 heures de l’après-midi. Des potes à lui passent, se servent tranquille de notre maigre provision de bière, sans bonjour ni merci, en parlant en allocou évidemment.
Barbecue, Saint-Estèphe que le piroguier a picolé entre deux gorgées de pastis comme si c’était du carré de vigne.
Je commençais à en avoir ras-le-bol du Roger complètement défoncé, je suis allée au “lit”.
Début d’un long calvaire, 8 heures de mal de dos se terminant par une attaque de chauve-souris à 6h05 du matin. Avant que Roger ne se réveille et ne mette sa musique à 6h10 sans demander à personne, pendant 3/4 d’heure. C’est à ce moment précis que j’ai cru que j’allais sauter sur le hamac de Roger pour le tuer, mais n’étant pas une experte du hamac, je n’ai pas pu bondir pour le faire.
Départ le plus vite possible, après que Roger a bu son pastis de 8h du matin.

Temps magnifique, pendant 10 minutes…

Arrêt à Cottica, alors que nous avions dit à Roger que nous voulions rentrer directement. Mais il a fallu passer voir la belle-mère de Roger (pour qu’il prenne son petit tupperware de bouffe) et rendre le bocal de couac à la sœur de Roger à Loca.

(enfants à Cottica, au Suriname)
Arrivée enfin au bercail, un peu fatigués, enfin surtout moi, puisque Camille et Marco ont quand même réussi à dormir, et Roger a ronflé toute la nuit.
Nous sommes allés manger un riz poulet “soriçot” (écriture à confirmer, sorte de concombre amer) chez…la sœur de Roger que nous avons rencontré là-bas puisqu’il s’y faisait nourrir gratos, en compagnie de potes bourrés comme lui. Ils ont donc beuglé dans nos oreilles pendant tout le repas. C’était très reposant…

Petit tour en fin d’après-midi du côté des abattis, pour la vue sur le village et le fleuve, et cueillette de quelques fleurs à planter dans le jardin.




Dernier repas à Papaïchton : filet mignon mariné au soja, salade, gratin de chouchou, pâtes, gâteau yaourt à la mangue.
Repirogue dimanche pour aller à l’aéroport, et comme à chaque fois que nous avons pris la pirogue pendant ces quatre jours, il a plu, parfois vraiment. Nous étions tous camouflés sous nos capes vertes de l’armée.
Départ dimanche 1 mars à 12h30. Enfin normalement puisqu’arrivés à l’aéroport, l’avion n’était toujours pas parti de Cayenne. Nous avons eu le droit en plus à la version 19 places mais pourrie avec des strapontins plutôt que des fauteuils, ce qui ne nous a pas empêchés de dormir pendant tout le trajet.


Arrivée à Rochambeau à 14h30, sous le soleil.